04/06/2012

De la lutte des classes dans l'assiette

 

bourgeois ventripotent.jpg"C'est tout de même chic d'être gras!"

Cliché bien répandu que celui du bourgeois ventripotent, cigare au bec, figure du riche qui s'empifre et mange trop gras. L'image ci-contre est d'autant plus parlante qu'une kyrielle de pauvres affamés lui tendent la main, une main tendue comme le cri que poussent leurs corps décharnés.

L'indifférence crasse de ce Bouddha de la finance, les yeux plissés vers le lointain, contraste avec les orbites vides et désespérées des malheureux qui quêtent sans trop y croire...

Et bien cette figure du riche obèse a disparu. en effet, par une étonnante symétrie inversée de l'Histoire,

 

gosses_au-macdo2.jpg

C'est désormais le pauvre qui est gros, aujourd'hui, et le riche qui trimballe sa silhouette svelte aux omégas 3 dans les cocktails végétariens où il se purge aux jus de fruits naturels. Le riche mange peu, mange bio, le pauvre lui n'accède qu'aux produits de plus basses qualités, ceux qui font grossir, ceux qui sont extrêmement gras et pauvres en vitamines, le knacki-purée industriel à 1.50 €, la malbouffe dans toute sa splendeur. Dans les pays industrialisés et dans les pays en voie de développement, l'obésité gagne du terrain, la faute à un mode de vie trop sédentaire, la faute à un manque d'éducation terrible qui met en danger une partie importante de la population.

 

paris hilton.jpgFigure hautement représentative de cet "assèchement corporel" des riches, Paris HILTON cultive le filiforme pour ne pas dire l'anorexique. Voilà donc le sommet de l'élégance : ne plus rien manger du tout, la biologie et les actes s'y référant étant tout à fait vulgaires voire déplacés. Une attitude dramatique qui influence au-delà de toute limite certaines jeunes adolescentes, qui oscillent entre la boulimie et le rejet de toute forme de nourriture, pour ressembler à ces squellettes repoussants présentés dans tous les défilés comme le summum du sex appeal.

La rondeur des formes n'est plus un symbole d'oppulence, c'est tout le contraire. Etre un peu enveloppé, et j'en parle tout à fait librement puisque je suis très loin d'être "une taille mannequin" est plutôt considéré comme une certaine façon de se "laisser-aller", et c'est à celà presque désormais qu'on reconnait une appartenance sociale. Pour ma part, le bon-vivant que je suis préfère quelque rondeur à la froideur famélique de ces spectres livides qui servent d'étalons contemporains à la beauté...

En revanche, il y a un vrai danger sanitaire lié à la malbouffe, qui menacent les artères et les coeurs de millions d'enfants de part le monde, pendant que des millions d'autres meurrent de faim.

Ces paradoxes infernaux montrent toute l'absurdité d'un système basé sur la gavage d'oies dans le monde occidental et en progression dans les pays en voie de développement par lequel on vend des immondices issus de l'agriculture industrielle qui démolit l'environnement au delà de nos santés.

Là ou certains crèvent la faim, d'autres sont abonnés aux formules les plus variées de régime, pour avoir l'air maigre sur les plages en été.

Tout cela pour dire que comme en toute chose, la qualité devrait être la seule valeur. En misant toujours sur le bas prix, le low-cost, le pas-cher, le consommateur y perdra sa ligne et sa santé. En d'autres termes, il fera les frais de ces prétendues économies.

Dans l'agriculture comme en toute chose, il faut promouvoir les savoir-faire, les terroirs, surtout en France, plutôt que de céder continuellement aux sirènes du productivisme. Manger mieux en d'autres termes, consommer mieux en général, ne plus acheter de poulets élevés en batterie et se faire plaisir, peut-être moins souvent, avec un poulet de "compétition" qui aura vu ce qu'était l'herbe et les prés avant de passer à la casserole.

La qualité ça n'a pas de prix. Et lorsqu'on aura compris que payer trois fois rien un produit qui ne vaut rien et qui bien souvent est fabriqué dans des conditions terribles, y compris pour les employés de ces usines, est une hérésie, un sabotage de l'avenir, et bien peu être qu'on aura réalisé qu'il faut reprendre raison et promouvoir une agriculture et une production en général de qualité, qui se distinguera des autres par sa durabilité et l'excellence de ses produits.

Acheter de la M... pas cher, c'est toujours trop cher !