17/09/2012

Des gens du voyage qui voyagent peu !

 

En mars dernier, Saint-Cergues avait subi l'installation illégale d'un groupe de gens du voyage très défavorablement connu. (voir les articles anciens). J'avais fait part sur ce blog des multiples épisodes rocambolesques auxquels nous avions été confrontés, quasi-impuissants, jusqu'à ce que nous obtenions l'arrêté d'expulsion de la préfecture, une fois que notre terrain de foot fut complètement dévasté par les passages incessants de ces voyageurs sous la pluie battante.

 

A ce moment, je me souviens des mots du colonel de gendarmerie de la Haute-Savoie qui estimait que ce groupe "était désormais tricard" dans le 74, et que tout serait fait pour les empêcher de s'installer dans ce secteur.

 

Voeu pieu tout à fait estimable. Et pour le moins suivi d'effets !

 

En six mois, le groupe en question s'en est allé sur le site ALTEA, aux carrefour des chasseurs à Cranves-Sales, à Juvigny sur des terrains agricoles, sur le parking de l'ex-hôpital à Ambilly, puis enfin s'en est retourné à Juvigny, depuis vendredi dernier. Il en sont partis hier dans l'après midi - dimanche) pour le chablais.

 

En effet, vendredi 7 septembre dernier, sous le coup d'un arrêté du Préfet, le fameux groupe est contraint de quitter le site de l'ex-hôpital d'Ambilly. Leur première idée est de revenir s'installer aux chasseurs, à Cranves Sales, en bordure de la nationale RD 1206. Refus de la commune de Cranves Sales, qui en a déjà largement subi en la matière ces derniers mois et on la comprend bien. La gendarmerie parvient difficilement à les expulser et à les forcer à quitter les lieux. Cirque inimaginable sur la nationale, caravanes en travers, cris, insultes. Les gens du voyage s'éparpillent ensuite en plusieurs petits groupes, envoyant des éclaireurs de ci de là pour trouver un terrain à investir dans les environs.

 

Branle bas de combat à saint-Cergues. Nous nous rendons aux abords du stade, afin de vérifier que les travaux actuels de mise à deux fois deux voies de la nationale n'ont pas rendu poreux notre stade. Et là nous nous rendons compte qu'il est urgent de procéder au creusement d'une tranchée pour éviter toute installation sauvage. Des caravanes tournent pendant qu'une pelleteuse s'active, très gentiment prêtée par le responsable de la partie voirie du chantier. On me téléphone et on me dit qu'une cohorte de caravanes est en direction du Bourgeau, donc en direction de notre stade. Nous montons à toute vitesse dans nos voitures pour faire barrage si besoin en amont. Mais le groupe a préféré s'installer sauvagement sur une grande parcelle agricole, située sur la commune de Juvigny. En quelques instants, la prairie est blanche de caravanes. Les terrains en question ne sont pas fermés par quelconque barrière, on peut donc y accéder de toute part.

 

Egoistement, il faut bien le dire, nous nous sommes dis qu'ils avaient trouvé un point de chute, et que nous n'aurions pas à revivre ce que nous avons vécu sur notre stade. Mais une fois encore, ils ont fait ce qu'ils voulaient, au mépris de toutes les règles, et ce bal ridicule qui a mobilisé des élus, des gendarmes, des policiers communaux pendant trois heures n'aura dans le fond servi à rien d'autre qu'à nous faire perdre du temps.

 

Mais cela ne va pas s'arrêter là. Comme chez les gens du voyage les nouvelles se répandent rapidement, d'autres groupes, certes plus restreints sont venus les rejoindre. Comme parfois il arrive qu'entre familles ils ne se supportent pas, d'autres s'enquiéraient de chercher un autre point de chute ailleurs. Nous avons donc à nouveau vus des caravanes circuler vers notre stade... Sur les lieux désormais sécurisés, nous ne risquions vraisemblablement plus d'intrusions, mais nous sommes restés sur place, le temps que ce carnaval se termine.

 

Tout à coup, en voulant rejoindre le groupe de Juvigny, six ou sept caravanes en provenance de douvaine s'engouffrent par le CD 15 et ont provoqué un bouchon au niveau de notre stade, puisque l'endroit est en travaux pour la 2x2 voies. Les caravanes parviennent à passer mais une dernière, mal engagée, se retrouve seule à boucher totalement le trafic. Non content de provoquer à lui seul un tel capharnaum, le conducteur de cet attelage s'emploie à insulter tout ce qui l'entoure. Une vieille dame est ainsi traitée de "pute", les "connards" pleuvent et le risque d'accident se démultiplie étant donné la queue qui déborde désormais jusqu'à la nationale.

 

Je me rends rapidement à côté de cet excité à qui je demande de manoeuvrer au plus vite pour libérer la circulation, ce à quoi il répond : "je vais aller m'installer chez ta mère ". Un peu agacé, je lui dis de dégager. Il tire le frein à main, entrant visiblement dans une colère noire et bondit hors de sa voiture en m'empoignant par le col. Je le repousse contre sa voiture, et des gens dans les véhicules voisins lui hurlent que je suis le maire, mais celui-ci répond : "maire de merde, j'en ai rien à foutre". il se jette à nouveau sur moi et m'étrangle !

 

Nous continuons quelques minutes à nous empoigner, tandis qu'une femme vient me rejoindre, excédée, et demande à ce monsieur d'arrêter... Il l'insulte et lui dit des choses que je n'ose pas écrire.

 

Nous parvenons, avec mes adjoints à le faire rentrer dans sa voiture et quitter les lieux, il ose lâcher : "je te retrouverais, on t'a pris en photo".

 

Episode qui nous renseigne à la perfection quant au respect que ce monsieur éprouve pour ses contemporains et accessoirement envers le maire d'une commune.

 

Nous avons relevé sa plaque et je vais naturellement déposer une plainte.

 

Tout comme le SIGETA avait déposé plainte contre eux quand ils ont saccagé l'aire d'accueil d'Annemasse il y a quelques mois (25 000 euros de dégâts). Tout comme le directeur de l'hôpital quand ils ont également commis de nombreuses dégradations sur le site d'Ambilly. En fait, là où ce groupe est passé, nous avons pu voir des ordures partout, quand bien même des bennes étaient à leur disposition. Nous avons vu des espaces publics transformées en latrines de plein air... Et il faut je pense le dire, ce groupe n'est pas un groupe misérable. En témoignent les Porsche cayenne, les 4x4 Mercedes et les luxueuses limousines arborées par certains...

 

Ce que j'aimerais comprendre, c'est comment un groupe qui se comporte de la sorte puisse jouir d'une telle apparente impunité. J'espère que ma plainte ira à son terme. Car il nous appartient à tous de faire respecter la loi et de défendre le droit, c'est le devoir de chaque citoyen.

 

Ce groupe déshonore les gens du voyage en général. Il fait un tort invraisemblable aux groupes qui se comportent bien. Il provoque les amalgames. Et je pense qu'ils se permettent tout parce que nous ne sommes pas assez fermes, parce qu'à un certain niveau de la hiérarchie, toutes les conséquences ne sont pas tirées de ces agissements pourtant innacceptables.

 

Notre passivité conduit à faire émerger un sentiment d'impunité chez ces gens. Somme nous encore dans un état de droit, dans lequel la loi s'applique à tous ? Autorité, respect des lois, ces concepts font-ils encore sens  ?

 

Je pose la question, et la réponse que je devine me fait frémir.

 

La France traverse une crise morale profonde et il va devenir extrêmement urgent de se réveiller.

Commentaires

Hélas la France n'est pas la seule à vivre ces remises en question.Trop souvent la faute aussi à des gens qui ne respectent pas l'ordre public mais qui dénoncent ceux dépassant les limites du bien vivre.Il faut le vivre au quotidien pour le croire.c'est clair si chacun veut faire la loi à sa manière que peuvent ensuite les services d'ordre? je ne dis pas cela forcément pour vous mais avec Internet de plus en plus de malades utilisons les mots justes se prennent pour des shérifs oubliant carrément que d'autres auront à payer le prix en l'occurence des gens refusant l'accés à Internet et ne découvrant alors que bien trop tard ce à quoi ils sont mêlés malgré eux et comprenant tardivement pourquoi ceux piégés le plus souvent à leur insu s'en prennent à eux aujourd'hui!

Écrit par : lovsmeralda | 17/09/2012

Effectivement, ils ont laissé le parking de l'hopital d'Ambilly dans un état lamentable, avec des centaines de morceaux de papier toilette virevoltant au-dessus des excréments jusque dans les maisons voisines. Ils ont particulièrement apprécié les couloirs entre les bâtiments de l'école d'infirmière et projeté leurs excréments sur les murs de l'Hôpital... Alors même qu'ils ont des toilettes dans leurs caravanes. C'est lamentable, de la provocation pure, sans aucune raison. Sans parler des odeurs pour tout le voisinage.
J'aime la tolérance, c'est une de mes valeurs fortes. Mais je déteste être pris pour un c... ces gens ne sont pas des gitans, pour qui j'ai du respect. Ce sont des abrutis.

Écrit par : Provocation insalubre | 18/09/2012

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