12/03/2012

Pourquoi Saint-Cergues reclasse des terrains constructibles en Agricole ?

Suite à l'article paru dans LE TEMPS du 6 mars dernier, je tiens à apporter quelques précisions, suite aux différentes réactions provoquées par mes prises de position quant aux mauvais chiffres de la construction à Genève en 2011:

 

1 / La commune de Saint-Cergues a décidé de déclasser 4 hectares constructibles pour les passer en zone agricole afin de protéger, avant tout, la dernière trame verte du village. Les ténements en cause, une fois construits, auraient coupé définitivement un cône paysager et une continuité verte de première importance. Nous cherchons à mâitriser notre développement et non à le stopper brutalement de façon caricaturale. Nous nous appliquons à respecter à la lettre les prescriptions de notre Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT), qui en l'occurence nous encourage à "densifier les centralités", plutôt qu'à favoriser un mitage qui a déjà beaucoup dégradé la Haute-Savoie du Nord. Dans cet esprit, nous avons donc classer en agricole des zones ouvertes jusqu'alors à la construction qui se trouvaient en dehors du centre stricto sensu de la commune. Notre Plan Local d'Urbanisme, comme tant d'autres est trop permissif et nous avons engagé une révision générale (de ce document d'urbanisme) afin de le rendre conforme au SCOT et à l'esprit du Grenelle de l'environnement.

 

2 / Car en effet, nous continuons à construire. Certains ont interprété ma position comme étant l'expression d'une radicalité absolue interdisant tout développement : cela est faux, pour rappel nous livrons 130 logements dans les mois à venir. Cela signifie simplement que nous ambitionnons de mieux harmoniser notre croissance, en respectant le poumon vert que nous sommes. Je rappelle que Saint-Cergues a reçu une distinction, un sceptre d'or du développement durable, en récompense de la politique environnementale qui a été mise en place depuis deux ans. Parmi les actions qui nous ont valu ce titre figurait notre volonté de limiter et de réorganiser notre potentiel de construction. Notre démarche s'inscrit donc avant tout dans une logique de préservation de l'environnement. Car en effet, notre campagne ne vaut pas moins qu'une autre.

 

3 / Les chiffres de la construction à Genève de 2011 ont généré un vif émoi car nous avons l'impression de faire de très grands efforts depuis de nombreuses années, ma commune étant passé de 2500 habitants à bientôt 3500 en dix ans seulement. Ne pas tirer la sonnette d'alarme serait à mon sens irresponsable, et je pense que je devais, avec d'autres collègues, m'émouvoir de cet état de fait, qui s'y nous n'y prenons pas garde, pourrait compromettre la cohérence et l'harmonie souhaitée pour notre région, la qualité de vie que nous méritons tous, de part et d'autre de la frontière. Je rapelle que les premières victimes de cet immobilisme genevois sont les genevois eux-mêmes, qui sont par milliers contraints à l'exil, chaque année, puisqu'ils ne trouvent plus à se loger sur le canton. Je rapelle que leur "exode" entraîine des hausses importantes du trafic pendulaire, en voiture. A cet effet je remercie les très nombreux témoignages de sympathie que m'ont adressé des citoyens genevois, me confiant qu'ils avaient le sentiment que leurs propres élus se préoccupaient peu de leur sort et que ma démarche, peut-être, aidera à une prise de conscience.

 

4 / En effet l'arrivée importante de citoyens genevois en France voisine génère une hausse très sensible des prix de l'immobilier local. Genève reporte ses problèmes sur nous et ce sont nos concitoyens français qui ne travaillent pas en Suisse qui sont à leur tour contraints de quitter notre région, car ne pouvant plus se loger à des prix abordables. Le seul moyen de freiner cet afflux qui la plupart du temps est subi plutôt que choisi par les genevois est que le canton se décide à construire massivement. Seule une augmentation conséquente de l'offre permettra de faire baisser les prix à Genève. Certains m'ont dit que si je freinais la construction à Saint-Cergues, les prix de l'immobilier s'envoleraient plus encore. C'est pour cela que nous construisons beaucoup de logements sociaux, pour permettre aux moins favorisés d'entre nous, justement, de vivre encore dans le village. Et puis je le redis, si Genève prend sa part, si Genève construit, alors les prix s'appaiseront en France voisine. Ne rien faire serait à mon sens beaucoup plus grave, ferait appel d'air sans cesse et nous tomberions dans une spirale infernale où nous nous perdrions à essayer éternellement de faire correspondre l'offre en service public à l'explosion de nos populations.

 

5 / Ma femme est genevoise, la moitié de ma famille est suisse. J'ai vécu et grandit dans cette région depuis toujours et Genève est pour moi la ville de référence, le lieu de sortie, de culture, de shopping, de loisirs. Je ne suis pas frontalier mais je m'y rends très souvent et y ai passé, et y passe beaucoup de temps. C'est une ville que j'aime profondément, j'y ai bien des amis et bien des souvenirs. Tout cela pour dire que Genève est en quelque sorte ma capitale, aussi. Tout cela pour dire aussi puisque certains ont osé me le dire que je ne fais évidemment pas de racisme anti-genevois... Les suisses qui vivent en France sont très bien intégrés, participent largement à la vie communale et donnent aussi de leur temps dans les associations du village. Nous avons une logique de région, dès lors, les suisses sont les bienvenus. Naturellement, ce n'est pas contre eux que nous avons déclasser des hectares. Nous l'avons fait pour nous protéger d'un développement irraisonné, et tant mieux si cela interpelle Genève et la remet un tantinet face à ses responsabilités.

 

6 / Je crois en cette belle région et j'appelle de tous mes voeux à ce que nous poursuivions à la construire ensemble, de façon solidaire, équitable, harmonieuse. Je salue le travail accompli dans le cadre du projet d'agglomération franco-valdo-genevois par les élus suisses et français, mais je pense que parfois, il n'est pas inutile d'élever la voix, de façon constructive bien sûr, pour attirer l'attention sur un déséquilibre potentiellement dangereux pour notre avenir. J'espère que Genève a entendu cet appel. La réaction des principaux partis politiques genevois me le laisse penser, et j'espère que cela se traduira bientôt, en termes concrets.

 

7 / Genève est une ville internationale, qui a quelque peu oublié, ces derniers temps, son rôle essentiel de capitale régionale, de ville centre, pour les territoires qui la bordent. L'article du TEMPS manifeste notre inquiétude, il n'est en aucun cas une volonté d'en arriver au clash, je dirai même que c'est tout le contraire. Le dynamisme de cette région, sa croissance, son développement sont si intenses qu'il faut impérieusement nous structurer de façon cohérente. Pour cela, il faut pousser l'intégration de nos territoires, pourquoi pas en créant un véritable parlement d'agglomération. Un énième "machin" diront certains, une nécessité pourtant, tellement nous avons de déséquilibres à régler, dans de nombreux domaines (emploi, formation, transports...).

 

07/03/2012

Les élus genevois réagissent au cri d'alarme des maires français sur la situation du logement

Article du temps du 07 mars 2012, relatant les réactions genevoises après l'article de mardi

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/682e6f24-67a4-11e1-8a57-ba3c5a76b2ce/La_limitation_des_zones_de_construction_en_France_voisine_fait_débat

06/03/2012

La campagne française vaut-elle moins que la campagne genevoise ?

FRANCE VOISINE Article du TEMPS du Mardi 6 mars 2012

 

article temps.jpgDES ELUS FRANÇAIS TENTENT DE LIMITER L'EXPLOSION DES LOGEMENTS

 

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/527eac96-670b-11e1-a7b1-e08f115533a9/Des_maires_fran%C3%A7ais_tentent_de_freiner_lexplosion_des_logements