23/03/2012

Logement dans l'Agglo : Un riche débat !

Ce débat a suscité beaucoup de réactions, depuis l'article du TEMPS du 06 mars dernier. Il a été l'occasion il est vrai de "pousser un coup de gueule", de dénoncer un certain immobilisme genevois, dû aussi bien à des problèmes politiques que techniques. On sait effectivement combien il est difficile de construire dans le canton de Genève, quand bien même on aurait la volonté la plus totale de le faire. Sur ce plan, rien n'empêche cependant le canton d'assouplir sa législation, et comme me le confiait M. Serge Dal Busco, maire de la commune de Bernex (CH), qui a approuvé le plan directeur cantonal et qui veut et va construire dans sa ville, la fiscalité genevoise reste défavorable aux communes qui construisent...Il faudrait sans doute changer de méthodes et de procédures, pour inciter les communes suisses à se développer.

Parmi les réactions les plus notables, je dois dire que j'ai été très agréablement surpris du nombre de citoyens genevois qui m'ont dit le bienfondé de cette prise de position. Car effectivement, ce sont eux, principalement, qui subissent les effets néfastes de la raréfaction et de la cherté des logements à Genève, et ce sont eux qui sont contraints à l'exil. Ils m'ont dit qu'ils partageaient largement la teneur de ce "coup de gueule", tellement ils avaient l'impression d'être "oubliés" par une partie de leurs responsables politiques. Même réaction de la part de certains élus lausannois, qui connaissent le même afflux de population genevoise en mal de logements, qui gènèrent des traffics pendulaires toujours plus importants.

Beaucoup de Français m'ont également dit que nous allions dans le bon sens, sensibles à ce que nous matrisions mieux notre développement de ce côté de la frontière. Mais parfois ces réactions prenaient leurs sources dans l'idée que notre démarche, vu le contexte actuel des frontaliers à Genève, résonnait comme une sorte de "revanche" contre les déclarations de M. Gruson. Et là je veux absolument préciser qu'il n'en est rien, même si bien entendu je ne partage pas le point de vue du directeur des HUG. Aujourd'hui nous devons parler et dire à Genève ce que nous avons sur le coeur. Il nous faut dénoncer ces puissants déséquilibres, il ne faut plus avoir peur de dire ce que nous avons à dire, et je pense que nos amis suisses sont tout à fait capables de l'entendre et de comprendre nos positions ; leurs réactions dans ce débat du logement l'a clairement prouvé. En revanche, je ne voudrai pas, et ce en aucun cas apparaître comme une sorte de porte parole d'un mouvement épidermique s'inscrivant en réaction aux provocations d'un certain populisme en vogue dans le canton  !

Car en effet, le conseil municipal de Saint-Cergues agit pour défendre un cadre de vie, nous plaidons pour un rééquilibrage, nous affirmons haut et fort que les suisses sont les bienvenus dans notre commune, car nous croyons fermement en cette région et en sa vérité transfrontalière. Simplement notre campagne, nos zones naturelles et agricoles doivent aussi être protégées ; chacun, en résumé, doit prendre sa part du dévéloppement très vif qui nous caractérise.

Car en effet aussi nous continuons à nous développer, mais de façon maitrîsée et harmonieuse, en arrêtant de miter notre territoire, en densifiant les centralités et en faisant du logement social pour les moins favorisés d'entre nous.

Ce débat a été l'occasion de nouer des contacts très forts avec des élus communaux suisses, et je l'espère, aura permis une prise de conscience de la part de ceux qui ne construisent pas ou pas assez (en Suisse) comme de la part de ceux qui construisent beaucoup trop (en France) !

Ces débats du reste sont bien évidemment portés par nos élus de l'Association Régionale de Coopération (ARC) et de nos élus au Projet d'Agglo franco-valdo-genevois. L'attention s'est arrêtée sur Saint-Cergues car nous sommes la première commune a avoir déclassé des zones constructibles en agricole, mais je n'aurai jamais la prétention de parler au nom de mes collègues, qui travaillent sur ces dossiers depuis longtemps, toujours-est'il qu'il me semble qu'à quelques mois de la signature du Schéma d'agglomération N°2, il fallait peut-être hausser un peu le ton. Le caractère pionnier et donc hautement symbolique de la démarche de la commune de Saint-Cergues a intéressé, il faut s'en réjouir si cela a permis de contribuer au débat.

Je veux dire aussi que c'est grâce à notre Schéma de cohérence Territoriale (équivalent du plan directeur cantonal), porté par Annemasse Agglo, (communauté de communes à laquelle ma commune appartient) que nous trouvons la latitude pour mieux protéger notre territoire. Ce SCOT nous donne les moyens de notre ambition politique. Des outils sont donc en place, le SCOT du chablais "vient de sortir", il faut maintenant que les Plans locaux d'Urbanisme français s'efforcent de les traduire en termes concrets dans les communes. Car en effet, si on peut revendiquer le SCOT et s'en féliciter, certains élus français n'ont pas la même approche et le vivent comme une contrainte...

Nous avons autant à faire du côté français que du côté genevois et seul un dialogue intense et constructif nous permettra de développer harmonieusement cette région. A condition, en effet, que les paroles se traduisent en actes.

16/03/2012

Logements à Genève : confrontation de points de vue entre Bernex (GE) et Saint-Cergues (74)

 

Des points de vue qui se rejoignent...

 

Merci de suivre ce lien:

 

http://sanfargan.hautetfort.com/archive/2012/03/16/dans-l...

07/03/2012

Les élus genevois réagissent au cri d'alarme des maires français sur la situation du logement

Article du temps du 07 mars 2012, relatant les réactions genevoises après l'article de mardi

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/682e6f24-67a4-11e1-8a57-ba3c5a76b2ce/La_limitation_des_zones_de_construction_en_France_voisine_fait_débat