10/04/2012

Caravanes à Saint-Cergues : Fin de partie, des milliers d'euros de dégâts

PETIT HISTORIQUE ROCAMBOLESQUE ET DESESPERANT DES DERNIERS JOURS...


Joli poisson d'avril a Saint-Cergues... Dimanche 01er avril....

Comme convenu, les 18 caravanes qui stationnaient illégalement sur notre terrain de foot depuis une semaine sont parties...

Quasi simultanément, 40 autres en provenance du technosite ALTEA, expulsées le jour même les ont remplacées. Quelle épatante virtuosité ! Sans doute en communication, les deux groupes se sont entendus pour s'échanger la place. Impossible de fermer le site puisqu'il fallait bien que les premiers en sortent, les seconds sont rentrés en force, au même moment. Les élus et les gendarmes ont été impuissants, puisque pour requérir le concours de la force publique, il faut un arrêté d'expulsion signé du Préfet ! Nous avons verrouillé autant d'accès que possible, évitant que d'autres ne s'y installent, (un groupe de 60 caravanes étant annoncé dans le secteur en provenance de Bonneville).

S'il pouvait paraître relativement acceptable de tolérer un stationnement illégal d'une semaine, puisque toutes les aires étaient pleines, il n'en est désormais plus rien du tout, considérant que ce nouveau groupe, encore plus important, va endommager davantage notre terrain. Nos clubs sportifs seront injustement pénalisés. Et la population toute entière paiera la facture.

Pour rappel la commune de Saint-Cergues respecte parfaitement la loi, en cotisant et en participant au fonctionnement des deux aires d'accueil de Viry et d'Annemasse.

Le plus dur, c'est ce sentiment d'impuissance que les élus et la gendarmerie ressentent, face à des gens qui sont dans la plus totale impunité et nous rient au nez.

Immense faillite de l'Etat. En tant qu'élu local, on se sent extrêmement seul. Une commune de notre taille, non équipée, ne peut pas accueillir de tels groupes, exactement comme la commune de Juvigny, qui en a fait les frais cette semaine aussi.

Aujourd'hui on m'a traité d'Allemand et de Hitler, simplement parce que nous avons tenté de nous opposer à une nouvelle installation sauvage. Voilà la bien belle récompense de notre humanisme et de notre volonté de "prendre notre part des problèmes" qui nous ont fait tolérer un premier groupe la semaine dernière...

Une demande d'arrêté d'expulsion a été envoyée en fin d'après midi, la balle est dans le camp du Préfet de la Haute-Savoie.

 

02.04.2012

Deuxième poisson d'avril à saint-cergues

Vers les 16 heures, le stade s'est quasiment vidé de ses caravanes. Nous avons fait disposé de lourdes bennes en acier sur les accès les plus sensibles, ne restait plus qu'à boucler l'ultime sortie avec le camion communal, une fois tous les campeurs partis... Le groupe qui s'était mis en route s'est fait bloqué à Cranves-sales, alors qu'il tentait de s'installer sauvagement près du collège. Une soixantaine de gandarmes présents.

il restait 8 caravanes sur notre stade, nous espérions de tout coeur en finir avec ce triste épisode et puis mon téléphone sonne. Le colonel de gandarmerie m'indique que les gens du voyage ont été refoulé de Cranves Sales et l'ordre leur a été intimé de revenir à Saint-Cergues.

Notre terrain de fait se trouve réquisitionné. Je ne pourrai jamais exprimer ce qui m'a traversé. Un profond sentiment de dégoût, surtout lorsque j'ai vu les gendarmes leur faire la circulation pour qu'ils arrivent bien tranquillement à bon port. En passant à côté de nous, certains riaient en nous faisant des signes de moquerie.

Les gendarmes n'y sont pour rien, il faut être clair, et sont totalement épuisés eux aussi par ce cirque infernal.

Pourquoi la préfecture n'a t'elle pas mis les mêmes moyens pour les refouler de notre stade ? Cette question me hante. D'autant plus que le groupe est bien connu, a déjà généré 25 000 euros de dégâts sur l'aire d'accueil du SIGETA à Annemasse.

Le colonel de gandarmerie m'a assuré qu'ils partiraient jeudi midi, date d'effectivité de l'arrêté d'expulsion du Préfet que nous avons demandé dimanche. Il m'a garanti qu'un important dispositif de gendarmerie serait mis en place pour expulser ce groupe du stade de Saint-Cergues.

A ce moment là, je ne sais pas sincèrement dans quel état nous retrouverons notre terrain.

Mais une chose est sûre, jeudi à midi, si effectivement ils quittent le terrain, nous boucherons définitivement tous les accès.

Beaucoup de concitoyens ont vu ce bal, le départ puis le retour des caravanes, et je me demande comment ce soir ils vont pouvoir s'empêcher de penser que nous sommes au final des cons impuissants.

 

05.04.2012

Caravanes à Saint-Cergues : Fin de partie, des milliers d'euros de dégâts

Nous avons vécu avec les élus et quelques gendarmes un nouvel épisode rocambolesque hier soir, puisque la majorité des caravanes avait pris le départ pour bons en chablais, d'où naturellement elles ont été refoulées. Nous nous sommes interposés un moment, devenant fous à l'idée que leur passage massif allait encore plus abîmé le terrain... Mais rien n'y a fait, l'arrêté du Préfet n'étant valable que ce jeudi à 12h00. Nous avons donc été une seconde fois contraints de les laisser repasser et massacrer notre stade, puisqu'il restait encore des caravanes sur le site.

Ce matin vers 08h30, ils ont pris le départ pour de bon. La pluie ayant transformé le stade en une vaste étendue de boue, de nombreux gens du voyage se sont embourbés. L'opération a pris plus de temps que prévu mais à 11 heures il ne restait plus personne. Le terrain est massacré donc, le skate parc ainsi que les abords du tennis club ont servi de toilettes publiques, je ne publie pas de photos tellement c'est immonde.

J'apprends à l'instant qu'une bonne partie d'entre eux à quitter le département et que 5 caravanes se seraient réinstallées dans la zone ALTEA, à Juvigny, zone dont elles provenaient pourtant dimanche. C'est tellement aberrant que je préfère ne rien en dire, toutes mes pensées vont vers guilhem Bedoian, maire de la commune, qui doit être exaspéré et découragé.

Dans le messager du jour, en page fait divers, il est dit que j'ai négocié avec le premier groupe qui précédait le grand groupe de ces derniers jours. Je m'inscris en faux ! Je n'étais pas présent sur le territoire le week end de leur installation, mes adjoints et mes conseillers n'ont fait qu'appliquer les consignes de la gendarmerie. En effet, les aires étant pleines et les gens du voyage occupant déjà le terrain, il aurait fallut de toute façon requérir le Préfet pour les faire partir. Autrement dit, nous n'avons rien négocié, seulement subi la situation, de force, comme d'habitude.

Je suis dans cette histoire très surpris que l'expulsion de ce groupe du site ALTEA à Juvigny, dimanche dernier n'ait pas été mieux contrôlée, que des gendarmes n'aient pas suivi et empêché ce groupe d'investir violemment et sans aucune forme d'autorisation notre terrain.

60 gendarmes pour les refouler de Cranves Sales mardi. 50 gendarmes pour les refouler de Bons en chablais mercredi. 12 gendarmes dimanche lorsqu'ils ont investi notre stade dimanche ! Certaines communes valent-elles moins que d'autres ?

Vous trouverez plus bas une photo de notre stade, après le passage du dernier groupe, qui peut-être montrera à ceux qui m'ont donné des leçons d'humanisme qu'il faut je pense sortir de l'angélisme béat. Car si le premier groupe a été respectueux du site, le deuxième l'a totalement massacré. Je n'ai de respect que pour ceux qui en témoignent un minimum, pardonnez moi d'exiger un peu de réciprocité.

Le conseil municipal de Saint-Cergues ne manquera pas de s'émouvoir de ces dégâts auprès de la Préfecture, qui nous a demandé à deux reprises de les reprendre suite à leurs départs et retours intempestifs. Deux retours qu'en tant qu'élus nous avons vécus comme des crève-coeur.

Au delà de tout cela, il est fou, incroyable, d'assister à des choses pareilles. Certains dans ce pays vivent dans l'impunité la plus totale. Nous sommes devenus, lorsqu'on voit cela, un pays ou le droit ne s'applique pas uniformément, où les lois semblent ne pas être opposables à tous.

Il faut qu'au niveau de l'Agglomération nous soyons vigilants et cohérents, et qu'au niveau de la Préfecture, l'Etat ose faire preuve d'autorité, sans quoi, en effet et malheureusement, il ne faudra pas s'étonner que certains électeurs aillent titiller les extrêmes... C'est l'absence de réponse qui crée la colère des citoyens. C'est ce sentiment d'impuissance qui rend fou.

Encore une fois, mes propos sont dirigés à l'encontre des groupes qui se comportent en voyous. Dieu merci ce n'est pas le cas de tous, et la plupart jouent le jeu en allant dans les aires prévues à cet effet, s'annoncent, paient, puis repartent, sans problème aucun.

La question ne porte donc pas sur les gens du voyage en général, mais sur la partie d'entre eux qui ne respecte rien et qui fait d'ailleurs beaucoup de tord à ceux qui se comportent bien.

Pour finir, j'aimerai rendre hommage aux gendarmes de terrain, qui ne font qu'obéir au Préfet et qui sont épuisés par ce cirque et qui doivent avaler des couleuvres inimaginables.

 

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29/03/2012

c'est le printemps : vivent les caravanes !

C'est le printemps : vivent les caravanes !

gdv.jpgL'arrivée des beaux jours, c'est la promesse heureuse des barbecues, des apéritifs qui se prolongent sous la voûte céleste, c'est aussi le plaisir de gratter à nouveau dans le jardin... Mais c'est également l'arrivée des groupes de gens du voyage, qui essaiment dans toute la France pour précisément...voyager.

Samedi dernier, à Saint-Cergues, un groupe d'une douzaine de caravanes a investi le terrain d'entraînement du football club. Les élus sont arrivés, alertés par les habitants, la gendarmerie les a rejoint, bref, tout le monde s'est vite rendu sur place. S'en suivent les sempiternelles et identiques conversations, qui laissent bien vite place au pragmatisme.

Saint-Cergues est membre du SIGETA, un syndicat intercommunal qui gère deux aires d'accueil pour les gens du voyage, l'une se trouvant à Annemasse, l'autre à Viry. Ces aires ne sont certes pas immenses mais permettent d'accueillir dans de bonnes conditions les petits groupes. Sur le plan départemental, des zones de plusieurs hectares sont prévues pour les groupes de très grandes ampleurs, un accord a été trouvé pour faire tourner les terrains, chaque année, pour que ce ne soit pas systématiquement les mêmes communes qui soient sollicitées.

Tout ce système fonctionne à peu prés bien dés lors que les groupes de voyageurs jouent le jeu et préviennent les services de la Préfecture pour annoncer leur arrivée. Certains, évidemment, ne prennent pas cette peine.

Samedi, toutes les aires d'accueil de la région étaient pleines. plus aucune place. Dès lors, nous avons assisté à plusieurs installations "sauvages" dans le secteur, dont une cinquantaine de caravanes à Juvigny, sur le site ALTEA (ex-Terraillon)...

La gendarmerie, dont les effectifs sont insuffisants et que j'applaudis tellement il devient difficile pour elle de faire correctement sont travail a conseillé la négociation, nous concernant. C'est à dire accepter le fait que les caravanes restent un moment, étant donné la saturation des aires de stationnement, en fixant d'emblée une date butoir pour le départ et en s'assurant que d'ici là tout se passe bien sur le site que le groupe a investi.

A Saint-Cergues, le groupe en question est évangéliste, sous l'autorité d'un pasteur qui agit et se comporte en chef. C'est lui qui prend la parole et négocie. leur stationnement est donc toléré de fait pour une semaine, jusqu'à dimanche 15 heures. Une participation aux frais (eau, électricité) a été demandée et acceptée. Mardi, le pasteur est venu régler la facture, correspondant en gros à ce qu'ils auraient du payer sur une aire d'accueil officielle. La chose est notable et il faut la saluer, car effectivement c'est assez rare que les groupes s'acquittent de ces frais lors de stationnements sauvages. Le pasteur nous a confirmé qu'il partirait dimanche. Des conteneurs ont été installés pour que leurs déchets soient évacués, les voitures ne doivent pas circuler sur le terrain, et ils doivent veiller à ne pas déranger le voisinage, comme n'importe quel citoyen du reste.

Leur arrivée provoque généralement beaucoup de commentaires dans la population et cela me pousse à écrire cette note. Certains les voient comme des délinquants en puissance, d'autres comme des malheureux auxquels nous devrions tout donner.

La société des gens du voyage est au moins aussi diverse que celles des sédentaires. Ce qui veut dire qu'il y a de tout, chez eux comme chez nous, toutes les nuances y sont présentes, alors il faut impérativement se garder des clichés bien connus.

Il y a des gens du voyage qui vivent confortablement, et bien entendu tout à fait honnêtement, qui travaillent, dans le commerce, dans les foires, dans des activités de service.

Il y en à d'autres qui vivent d'expédients, de petits commerces peu lucratifs comme le ferraillage par exemple, et qui eux ne disposent pas de beaucoup de moyens.

Il y en à d'autres encore, certes, qui sombrent dans divers trafics, et on peut y trouver les mêmes raisons que celles qui font qu'il existe des délinquants sédentaires.

Il y a ce que l'on appelle des "grands voyageurs", qui se livrent chaque année à un véritable tour de France, il y en a d'autres qui se contentent de plus petits circuits, régionaux voire départementaux. Et il y en à d'autres, enfin, qui cessent de voyager et se sédentarisent.

Et puis une distinction fondamentale qu'il convient d'affirmer : les roms ne sont pas des gens du voyage, les gens du voyage sont français, contrairement aux roms qui sont des étrangers, toutefois européens et jouissant donc des droits qui en découlent.

Dans ma courte expérience de maire, j'ai été confronté à des cas bien divers. Je me souviens encore avec effroi de deux caravanes de roms, tirés par des voitures dont on se demandait comment elle pouvait encore rouler... A 7 h 00 du matin, au mois de juillet dernier, les deux familles s'étaient installées au point d'apport volontaire de la rue de la Vy du puits. J'ai vu sortir 17 personnes en tout de deux minuscules caravanes rouillées et prêtes à se fendre... Des enfants qui toussent, des adultes en guenilles, un spectacle de misère effroyable. un seul d'entre eux parlait français, je les ai envoyé sur l'aire du SIGETA, à Annemasse. Ils sont repartis, me disant qu'ils avaient simplement souhaité prendre le café.

Une fois, un groupe de gens du voyage s'est installé aux poules d'eau, près du Foron, avec l'accord du propriétaire du terrain, ce qui nous a coupé l'herbe sous le pied... Comme ils étaient dans le périmètre de protection du puits de captage des Prés chaleurs, qui produit en partie l'eau potable de l'Agglo, nous avons pu les faire évacuer, au bout de deux semaines tout de même. Mauvais souvenir car ils étaient très agressifs et nous avaient menacé de toutes sortes de maux... Ils n'ont rien payé, contrairement à ce qu'ils avaient promis...

une caravane, une autre fois, toute seule, qui voulait rejoindre sa famille plus au sud et n'avait pas trouvé de place sur les aires d'accueil et a passé la nuit sur un terrain à Saint-Cergues , mais est repartie comme prévu le lendemain matin.

Il y a de tout, comme chez les sédentaires.

Et comme je vous le disais, certains parmi les gens du voyage se sédentarisent. Ils vivent toujours en caravane, mais ces caravanes ne bougent plus. Ils s'installent sur des terrains généralement agricoles ou en zone naturelle, ce qui pose évidemment problème, un problème important. Nous en avons neuf familles sur Saint-Cergues, la plupart sont installées depuis longtemps, depuis plus de trois ans en tout cas, ce qui est le délai de prescription de l'action publique, c'est à dire que nous ne pouvons plus rien faire contre eux. Cela dit ils ne posent aucun souci, aucun trouble, la plupart votent, envoient leurs enfants à l'école, et ne se font pas remarquer par le voisinage.

La logique, autrefois, consistait à les expulser inlassablement de communes en communes, ce qui ne règlait rien, évidemment. Les neufs familles qui vivent à Saint-Cergues sont bien intégrées, et le but est de poursuivre le chemin avec elles qui les ménera à s'assimiler à notre façon de vivre. Car cela est possible, et certains d'entre eux vivent déjà dans des habitations en dur, comme nous, en appartement ou en maison. Pour la plupart néanmoins, ils sont encore très attachés à leur tradition qui consiste à vivre au grand air. il ne s'agit pas de les forcer à renoncer à leur mode de vie, mais puisqu'ils ont décidé de cesser de faire la route, ils devront apprendre à se conformer aux règles d'urbanisme qui incombent à tous les citoyens.

Le problème, effectivement, vient du fait qu'ils vivent dans des secteurs ou l'on ne peut pas et ou on ne doit pas habiter, comme les zones naturelles ou agricoles. Sans réseaux, ils polluent, dégradent l'environnement. Je me sens parfois très gêné, en tant que maire de demander à un de mes concitoyens de bien vouloir reculer d'un mètre l'implantation non conforme de son portail, alors que d'autres vivent dans l'absolue illégalité sur des terrains inappropriés. Mais comme je le disais plus haut, l'action publique est prescrite. Cela dit, si nous acceptons de jouer le jeu avec ceux qui sont là depuis longtemps en espérant qu'un jour, d'ici une ou deux générations peut-être, ils vivront comme nous et ne poserons plus de problème à ce titre, nous refusons en revanche d'en accueillir d'autres. C'est comme pour tout, chacun doit prendre sa part, personne ne peut tout assumer.

Aussi nous avons engagé une procédure d'expulsion d'une famille, qui malgré nos vifs avertissements s'est installée sur une parcelle boisée l'été dernier. Le procureur a été saisi et ils seront expulsés au terme du délai qui leur a été octroyé. Saint-Cergues fait son travail, nous essaierons d'être exemplaire en ce domaine, mais nous n'accepterons plus personne d'autre. Si chaque commune faisait de même, tout irait mieux.

A Annemasse Agglo, notre communauté de communes, un projet intéressant a vu le jour. Construire pour les gens du voyage sédentarisés qui ne veulent pas vivre en logement social traditionnel des logements adaptés à leur mode de vie, organisés à leur façon. De cette façon la collectivité évite qu'ils s'installent n'importe ou, ils ont accés à l'eau, l'électricité et à l'assainissement. Un suivi social les "marque à la culotte" pour que les enfants aillent bien à l'école, que les parents s'insèrent socialement et professionnellement. Bien entendu les gens du voyage ainsi logés paient des loyers, tout à fait comparables aux loyers des logements sociaux traditionnels.

Autre piste : les terrains familiaux. Pas de constructions, mais des terrains, loués aux gens du voyage qui veulent se sédentariser. Des terrains viabilisés, pour qu'il n'y ait pas d'impact sur l'environnement, avec un suivi social, aussi. Là, au moins, on contrôle les installations et on évite de dégrader des milieux agricoles ou naturels. On crée une légalité qui leur permet de vivre "en conformité", en créant un zonage particulier dans les Plans locaux d'urbanisme.

En fait, c'est ce que préconise l'Etat et bientôt, chaque communauté de communes devra intégrer de cette façon des familles en voie de sédentarisation.

Il est trés difficile de s'opposer à l'achat de parcelles agricoles par les gens du voyage qui ne veulent plus faire la route car bien souvent ils deviennent propriétaires par "donation", toute relative certes car il s'agit en fait d'une vente, mais en dessous de table. La donation permet d'échapper au droit de préemption de la commune ou de la SAFER, en d'autre terme la municipalité ne voit rien et ne peut rien voir... Car en effet, à chaque fois qu'un bien est vendu, la commune en est avisée par ce que l'on appelle une DIA (Déclaration d'intention d'aliéner) qui fait que si la commune le souhaite, elle peut se substituer à l'acheteur. Mais dans le cadre d'une donation, pas de DIA... Il y a là une faille sans doute dans la loi... De plus, les gens du voyage se font littéralement arnaquer par des propriétaires peu scrupuleux qui leur vendent des terrains à des prix 10 à 15 fois supérieurs à leur valeur réelle... Et c'est naturellement autant de dissimuler au FISC...

Nous essayons d'être très vigilants, et quand nous avons des doutes, nous faisons le nécessaire pour faire capoter les transactions... Pas simple...

En conclusion, je crois qu'il nous fait être patients... Ceux qui se sédentarisent embrassent lentement mais sûrement notre style de vie. Un jour, ils vivront comme nous. A nous de leur montrer le chemin qui permette cette intégration, en restant ferme et vigilant, bien entendu. Ceux qui veulent voyager naturellement continueront à le faire.

Que chacun prenne sa part et ses responsabilités. Le problème ne s'est jamais réglé car on les a toujours expulsé un peu plus loin, chez le voisin. Encore une fois, comme en toute chose, il faut que chacun prenne sa part des problématiques qui sont les nôtres. Pas de diabolisation, pas d'angélisme : Du pragmatisme !